L'abverinable ver des neiges

Cette histoire, je la dédie à Alex, petit frère de Lille, avec qui ce thème du ver des neiges a fait l'objet de nombreuses passes verbales...

 

 

Enfin un hiver véritable.

Les enfants petits et grands sont contents et s’adonnent aux joies vertueuses des jeux de glisse sur le verglas.

L’hiver divertit!  

La neige abonde, et les coups de froid s’enchaînent régulièrement pour reblanchir à coup d’averses hivernales les zones de verdure.

 

Mais voilà ! La Nature, toujours prompte à inventer des trucs pour ramener la faune humaine à de justes proportions, a créé l’abverinable ver des neiges, sans doute la créature la plus hiver-infernale de l’univers des invertébrés!!!

Il semble qu'il soit apparu dans le Vercors, dans les Préalpes françaises, et le corps de ceux qui l'aperçoivent devient tout vert de peur.

 

Le ver des neiges, chers lecteurs, je vous en avertis, creuse des galeries dans la neige et loge dans les congères. Il est hommivore et s’évertue sans vergogne à se nourrir sans relâche de nos chairs. Aucun vermifuge connu ne nous protège de ce peu vertueux ver tueur : il y résiste envers et contre tout.

 

Décrivons les travers de ce ver géant. Vous aurez ainsi une meilleure idée de la bestiole, qui, amie des hermines, est loin d’avoir la mine d’une vermine.

 

Quand il va à l’église, ce ver pervers dévore le missel et une soupe aux vermicelles remplacera alors avantageusement le vin de messe.

Trisomiques, les vermisseaux de neige sont mi sots, mi comiques. Ils vermillent le long des chemins enneigés, tels des mini verrats affamés.

 

Allant vers ou allant droit sur sa victime, ce lent ver n’a pas besoin d’être  d’une rapidité vertigineuse, puisqu’il rampe sous vos pieds pour ne surgir qu’à la dernière seconde, au moment où vous ne vous y attendez pas, votre esprit divergeant dans diverses pensées.

 

Un cochon mâle appelé Swa, tombant par hasard sur ce ver en fouinant une congère de son groin, rapporte avec verve ce fait divers dont nous ne doutons pas de la véracité. « Ce ver a des yeux vairons, une tête vermeille et une peau verruqueuse en verre vert de bouteille de limonade. Toute tentative de l’apprivoiser grâce à un verre de verveine offert en taverne est vaine. A la vérité je dois dire, raconte le verrat cité, que je n’ai pas eu envie de converser avec lui, tant le verbiage du ver est verbeux. »

 

S’il s’avère que ce ver est dangereux pour l’homme, il est très fravernel avec les vers de caverne. Quand la neige fond, le ver des neiges disparaît mais ne meurt pas. A la première neige suivante, il réapparaît, car il sait d’avance quand elle tombera : c’est un ver devin ! Le poète Verlaine ne se demandait-il pas, dans ses vers : a-t-il un esprit versatile, ce ver renversant ?

 

Indifférent au verrat Swa mais ami du ver à soie d’hiver tissant de beaux habits, le ver des neiges aime revêtir des vêtements appropriés contre la rigueur hivernale.

 

Comment ne pas se faire dévorer par le ver des neiges ? Par la musique et le chant ! On a trouvé, et c'est véridique, que certaines musiques moyenâgeuses exerçait quelques effets apaisants sur les mœurs de notre « verpent vernimeux ». Donc un bon conseil : faites-vous accompagner par un trouvère !

Il semblerait aussi que le ver géant des neiges n’aime pas fréquenter les vergers en hiver : on y trouve des pommes pourries, et, quand le ver est dans le fruit, croyez-moi, mieux vaut se méfier des revers possibles. Enfin, le ver des neiges a un prédateur : le canard colvert. C’est pourquoi d’ailleurs le ver des neiges vit dans la neige : il y est à l’abri du canard colvert. Le ver des neiges, même très âgé, reste plein de verdeur: méfiez-vous de ses coups de queue, vous en auriez des vergetures.

 

Si vous arrivez à occire un ver des neiges, sachez que c’est délicieux à manger, surtout mis en bière dans des verrines apéritives. Le ver fumé s’apprécie mieux en plein soleil, la réverbération du parfum âcre étant atténuée. Le ver plat est plus facile à avaler, ça glisse comme une nouille dans le gosier.

 

En cas de neige, mes amis, avant d’aller dormir, verrouillez bien vos portes. Car c’est la nuit que le ver se déroule puis se dérouille les anneaux. Ne laissez aucune ouverture ! Il s’y glisserait pour venir vous flanquer une solide dérouillée, et vous en verriez, des vertes et des pas mûres ! Notons d’ailleurs qu’on ne fait pas mieux que le ver des neiges comme brise-glace. Un seul corps de métier apprécie le ver pour ce talent : les maîtres verriers.

 

Pour conclure, chers lecteurs, chères lectrices, sachez que l’abverinable ver des neiges n’est pas votre ami. Ne lui offrez pas de verroterie, ça ne lui fait aucun effet. Si vous revenez d'un bal, et que vous rencontrez des vers, soyez modérés avec eux, sinon vous risquez un procès-verbal pour un simple ver de trop.

Vertubleu!

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Commentaires : 1
  • #1

    Lecht Heurt (samedi, 20 mars 2010 04:33)

    Les notaires notèrent que le verre d'éther d'Esther déterré hier était délétère. Ils avaient l'air hébété, et avalèrent raies, baies, thé. Ils se terrèrent pour se taire, errèrent par cette terre pendant sept ères. Etaient-ils laids? Têtaient-ils lait? La terre heurte terreur, terrible erreur. Des heures dans le désert, des heurts dans l'aide, des airs, des oeufs raides, dents, lait des cerfs. Werther, où sont tes vertes terres pleines de vers terreux, en vers d'été rêvés? Werther, t'est vert. Tes vers sévères s'évertuent à tuer ces vérités rivetées de tirets dérivés de Verlaine.