L'origine du cerf-volant

(Sur proposition de Sylvain, mon amigicien lyonnais)

 

Aujourd'hui, je vous parlerai du cerf-volant. Nous croyons tous connaître le cerf-volant, cet objet se déplaçant grâce au vent, composé d'un cadre léger sur lequel est tendue une toile.

Le cerf-volant est tenu par son manipulateur au moyen d'un ou deux fils qui permettent de le ramener au sol et de lui faire faire des figures.

 

Mais d'où vient cette pratique multi-millénaire, qui est aujourd'hui utilisée tant pour le loisir et le sport que pour des recherches climatiques ou des applications moins pacifiques ?

 

Voici la vérité.

En ce jour-là de cette époque reculée, un cerf, beau, croate d'origine, roi de nos forêts occidentales, galopait tous naseaux fumants, fuyant les flammes de l'incendie lancé à sa poursuite.

Le serrant de près, un python dépité ne voulant pas se retrouver en piteux et pitoyable état, se faufilait vélocement à ses côtés.

Les compères filaient vers le haut de la colline, vers le piton rocheux surplombant un précipice.

 

Arrivés, le coeur haletant, au sommet du promontoire, ils virent bien que les flammes, très hautes au milieu des sapins secs, les rôtiraient bientôt comme des cuissots sur le grill s'ils restaient là.

- Ce n'est pas le moment d'avoir le cerveau lent, siffla le serpent. Si nous attendons ici, c'est certain, nous sommes cuits ! Précipitons-nous dans le vide, ce sera toujours une fin moins atroce.

- Il suffit, poltron python écervelé; il ne sert à rien de trop marmonner ni de nous seriner davantage tes tristes sérénades. D'ici quelques minutes tu ne seras plus qu'un cervelas et pour moi un cercueil sera bien inutile pour recueillir mes cendres. Restons sereins et réfléchissons sérieusement.

- Alors il nous faut précisément franchir le précipice !

 

Comment faire? Le coeur serré, le cerf et le python se décidèrent à consulter la pythie du piton. L'oracle, le visage cerné et asséché par la chaleur montante, n'avait plus une goutte d'eau à racler dans sa gorge.

De sa voie rauque, ce servile serviteur des prophètes émit sa promesse sous serment et posa sa question : "Si vous répondez à cette question, vous serez sauvés. Que fais-tu, grand cerf, lorsque tu cries au-dessus d'une grosse branche ?"

 

- Je Brahmapoutre ! brâma le roi des forêts, tout à coup fier de son stage en Inde, auprès d'un oncle brahmane serviable.
- Parfait ! répondit l'oracle. Je vais donc vous aider. Pour franchir le précipice, il vous faut voler !
- Voler, mais comment ?
- Aidez-vous des lucanes cerfs-volants !

 

A ces mots, sortant par la lucarne de la cahute de l'oracle, des milliers de lucanes vinrent vrombir autour des animaux.
Ces gros coléoptères porteurs, à l'instar des bourdons étudiés par Boeing pour la conception des avions gros-porteurs, ne savaient heureusement pas qu'ils ne pouvaient pas voler. Alors, ils volaient quand même.

 

Les cerfs-volants se groupèrent en tapis compact. Le cerf et le serpent prirent place sur ce tapis volant improvisé, aussi rugueux qu'une toile de serge. Ils furent ainsi transportés de l'autre côté de la vallée et furent sauvés. Vue du dessous, cette étrange cérémonie les faisait ressembler à un cerf-paon majestueux.

 

Ce qui est curieux, c'est que l'étymologie méridionale du mot cerf-volant est "serp volante", c'est-à-dire serpent volant. Cela nous ramène au temps des dragons. Et cela explique pourquoi on ne trouve plus de cerfs volants aujourd'hui.

Ils ont tous été dévorés par les dragons, à cette époque reculée...

 

Ainsi c'est pour se remémorer cette histoire héroïque que l'Homme, plus tard, s'est mis à fabriquer ces  toiles colorées de toutes formes et multicolores, pour rappeler les lucarnes dans les toits. C'est vrai que ces petites fenêtres n'éclairant que des greniers poussiéreux sont les fenêtres oubliées de nos maisons.

 

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Commentaires : 8
  • #1

    Jean-Christophe (dimanche, 30 novembre 2008 07:45)

    Mon cher Marc

    Merci déjà à Sylvain, pour cette bonne idée. Les cerfs-volants sont si jolis, font un si agréable claquement à nos oreilles quand on mange une gaufre au sucre farine à la mer. Ben oui les français, nous on mange pas de glaces à la mer...il fait trop froid, mais revenons à nos moutons-volants. On m'a rapporté un jour ce petit extrait d'histoire. J'aime quand les historiens se contredisent. Cette version me semble crédible.

    "Le vassal Ollan, furax, remontait d'un pas vigoureux vers le fort de son fief, bien décidé à en découdre avec Grégoire-Philippe le Raccourci, le seigneur local. Il fila un bon coup si bien placé aux deux gardes que ces deux-ci ne purent l'empêcher de rentrer dans le fort.
    Ollan ne supportait plus les tailles et les corvées, les impôts, les départs en Croisades intempestifs ... et surtout, surtout, il ne supportait plus ces mains baladeuses que le seigneur local promenait sur les formes de la belle Melissande, sa fiancée.

    Par respest pour l'Histoire, je réplique la phrase dans son version initiale

    '- Morte-Couille, cria Ollan, viens ici pour qu'on discute. Je vais te filer une ratatinée dont tu te souviendras longtemps, petit zizi, va".
    Ollan avait ramené des Croisades son vocabulaire un peu ordurier, Grégoire-Philippe - mettant tout son coeur à son travail d'évangélisation - une maladie honteuse qui avait mal tourné, et nécessité une ablation presque totale de son organe masculin.

    Grégoire-Philippe, malgré sa convalescence, n'en était pas moins un grand chef de guerre. Ollan avait touché à son Honneur. Il fit faire à Ollan trois tours de son slip, lui fit une démonstration de ce que peut être la force gyratoire, et le balança vers son destin. Ollan fit ce premier vol au vent, et tomba dans les oubliettes, où des loups affamés n'en firent qu'une bouchée. Ainsi mourut le serf Ollan.

    Grégoire-Philippe se maria avec la belle Mélissande. Elle ne fût jamais heureuse, et n'eurent jamais d'enfants... mais ce n'est pas la période de l'histoire la plus cool, non plus hein.

    Jean-Christophe

  • #2

    Lecht Heurt (mardi, 02 décembre 2008 05:08)

    Des loups affamés ne firent qu'une bouchée d'Ollan dans les oubliettes? Cela fait naître quelques questions lancinantes. Pourquoi mettre des loups dans les oubliettes? Une oubliette est un fosse profonde creusée dans les bas-fonds d'un château; on y précipite les gens qu'on veut oublier. En tombant, ceux-ci se rompent les os sur la pile des os de leurs prédécesseurs, et gisent là à l'abandon, dans l'oubli, jusqu'à leur dernier souffle, sans boire ni manger. L'idée est de laisser mourir, pas de précipiter la mort par loups interposés. Et ces loups, je suppose qu'eux aussi furent jetés dans la fosse, et pas simplement déposés précautionneusement en son fond par quelque bourreau attentionné descendant une longue échelle. (Peut-être confondez-vous l'oubliette avec la loupliette, qui est une fosse pour entreposer des choses minuscules qu'on ne peut observer qu'à la loupe.) Une autre question est comment Ollan eût-il pu disparaître en une seule bouchée quand (1) il y avait plusieurs loups avec autant de gueules, et donc au moins autant de bouchées que de loups, et (2) Ollan était un grand gaillard à la taille estimée équivalente, dans un rapport de police, à quatre cent soixante-sept bouchées de loups affamés (compte tenu de la taille moyenne de leurs gueules semi-ouvertes)? Compte tenu de ces questions, les circonstances de la mort d'Ollan sont suspectes, et une enquête s'impose. Une autopsie pourrait montrer si Ollan avait le cerveau lent (ne jouait-il pas un rôle lent dans la chanson de Roland?), ou avait avalé des ortolans faisandés, ou du cerf aux lentilles avariées. Mélissande n'était pas sans malice, et son visage ridé mais lisse en dessous des pommettes pouvait trahir bien des conflits malodorants. Elle désirait un mâle heureux mais ne tombait que sur des malheureux. Bien des captifs furent décapités par des capiteuses dépitées.

  • #3

    Jean-Christophe (mardi, 02 décembre 2008 18:41)

    Chez Lecht Heurt, vous êtes attentif et perspicace... mais vous oubliez un détail. La profondeur des oubliettes dépend toujours de la profondeur initiale de l'oubliette neuve, mais aussi du rapport entre le nombre ou la fréquence d'envoi de prisonniers qu'on y envoyait et la vitesse de décomposition et de putréfaction des restes de ceux qu'on y envoyait. A son retour de croisade, Grégoire-Philippe a un pêté un cable, et y envoyait beaucoup de monde. Il envoyait entre 10 et 30 personnes par mois dans ses oubliettes. La décomposition naturelle ne permettait pas de maintenir un "niveau bas" au fond des oubliettes. Du soldat croisé, ça se décompose pas vite.

    Les loups au fond des oubliettes étaient une invention de Grégoire-Philippe.
    En juillet 1416, le niveau de restes vivants et moins vivants était tellement monté que les jetés-aux-oubliettes encore assez vivants pouvaient se faire la courte-échelle pour en sortir... et faisaient trop de bruit en appelant à l'aide. Quand le niveau était trop haut, ç'était vraiment ennuyeux parce que ça sentait pas bon.
    On avait pas de bon déos, en 1415. On avait pas non plus les bons acides qu'on a aujourd'hui, pour accélérer le processus... Comme les loups dévoraient les enfants dans les villages, il eut l'idée d'en capturer quelques uns pour aider à maintenir un niveau "bas" dans ses oubliettes en mangeant les restes. Ils avaient un peu tendance à manger la viande fraiche d'abord, mais aucun système n'est parfait.

    Il offrit 1000 Louis d'Or à ceux qui ramèneraient deux loups. Idor les amena, affamés, épuisés d'avoir chassé et mangé ce qui restait de petits enfants et de jeunes filles. La viande de soldat, elle, entourée de costumes en cote de maille faisaient fort mal aux caries des loups. On avait pas de dentistes pour loups en 1415. Pas de dentifrice, non plus, et personne ne voulait bien aller leur brosser les dents.
    Idor fut aussi jeté aux oubliettes, dépouillé d'abord de ses Louis... puisqu'il y avait de nouveau de la place dans les oubliettes. Il n'avait qu'à amener des loups bien portants. On était pas cool à l'époque. L'histoire trace que Grégoire-Philippe surtout, avait perdu tout sens de l'humour une fois revenu de sa dernière croisade où il fût couronné "Le raccourci" (ça j'ai déjà raconté).

    Bon, cher Lecht Heurt. Je dois être honnête avec vous. je crois que vous l'avez remarqué: Je suis un imposteur, je ne suis pas un vrai historien...je suis juste un rigolo qui raconte des salades et qui essaie de mettre un vocabulaire pseudo historique trouvé rapidement sur wikipédia.
    Je ne suis pas fier...mais je vous demande de ne pas le dire à Marc. Marc aime l'histoire... il pourrait être privé de son récit historique régulièrement, d'autant que j'y ajoute un touche de gaieté, de légèreté, un petit vent frais de poésie qui tranche avec la brutalité de l'époque. Il y a pas beaucoup de monde qui fourni des récits historiques bien vérifiés et tout cela gratuitement ? Eh bien moi je fais un effort spontané... gratuit.

    A plaisir de vous lire, cher Lecht Heurt, parce que vous avez un brin de plume qui m'a déjà fait beaucoup rire.

    Jean-Christophe

  • #4

    Lecht Heurt (dimanche, 07 décembre 2008 20:39)

    Merci beaucoup pour ces explications fournies avec tant de grâce. Je ne vous chicanerai pas sur le fait que si les oubliettes de Grégoire-Philippe étaient bien remplies, les loups n'auraient pu souffrir de famine. La poésie ne s'émeut pas de logique, cependant, et le prétexte de nos plumes est de faire feu de tout brin récolté en nous promenant le long des sentiers que Marc a tracés dans son domaine.

    Dommage qu'il était une pécore, Idor. Si encore Idor avait marqué un bon score! Idor eût alors connu les corridors du pouvoir et détrôné Grégoire. Mais seul un candide orateur vêtu d'un splendide ornement et non d'oripeaux sordides, aurait pu y dormir, au palais de Grégor rempli d'or inodore.

  • #5

    Jean-Christophe (lundi, 08 décembre 2008 23:27)

    Oui... tout cela est sans doute vrai. Je mélange un peu tout, maintenant que vous savez que je ne suis pas un vrai spécialiste de cette époque. Ce n'est pas parce que l'histoire a parfois eu des moments un peu plus sombres, un peu plus tristes, des époques un tout petit peu moins hilares qu'on ne doit pas chercher un peu d'élégance et de classe pour l'expliquer. Je ne suis pas encore s$ur d'y être parvenu, figurez-vous...
    Marc a de ces chemins et sentiers très florifères... et c'est d'ailleurs étonnant... un si grand domaine de savoir et d'histoires dans un si petit jardin...
    Entre nous, seul l'or de Grégor était inodore...
    bonne nuit à vous... il fait tard de par chez nous.
    JC
    Jean-Christophe

  • #6

    Emmanuel VAN DAM (mercredi, 10 décembre 2008 00:23)

    Je me dois de préciser à Lecht Heurt, dont l'identité gémélotransatlantique semble avoir été dévoilée, me semble bien informé mais à omis de préciser que si Ollan avait le cerveau lent, Otto à quant à lui le cerveau frein...

    Bien à vous tous, c'est un immense plaisir de vous lire.

    Manu

  • #7

    Jean-Christophe (samedi, 13 décembre 2008 08:33)

    Oui... tu n'écris pas beaucoup... mais quand tu écris c'est pas pour dire quelque chose de tellement plus malin que tous les autres...On attendait quelqu'un pour relever un peu le niveau.

  • #8

    ccdj (mardi, 14 février 2012 22:39)

    merci baucoup ma prof de maths nous a demmander de faire une feuille de l'origine du cert volent a cause d'une fille elle me soule en plus mais merci baucoup tu m'a aider de ouf merci <3 <3 <3