Les boules de Nowel

Aujourd’hui nous parlerons des boules de Nowel.

 

Nowel est un elfe qui vit dans la forêt de Kaboul, près des marais et ruisseaux où les naïades et les ondines coulent des jours heureux et confectionnent du taboulé velouté.

 

Nowel est amoureux de la belle Pakeret, princesse des nymphes. Ses cheveux d’or s’illuminent la nuit en de fins lisérés étoilés, et quand elle se promène, une petite musique de harpe envoûtante l’accompagne à chaque pas. Nowel en roucoule pour cette jolie petite poule aux yeux si charmeurs !

 

Alors Nowel, pour la séduire, a une idée : dérouler pour elle le tapis rouge, orner tous les sapins de la forêt de guirlandes et de boules multicolores ! De cette façon, les promenades de Pakeret deviendront vraiment féeriques, et la douce se laissera charmer plus facilement.

 

Nowel déboule donc à belle foulée dans les landes et cueille du gui à tire-larigot. En insufflant l’air manquant dans le gui des landes, il obtient donc des guirlandes. Les fées acceptent de les filer sur leur fuseau et les halfelins se chargent d’en parer les arbres.

 

Les petites boules blanches de gui inspirent Nowel aussi.

En gonflant ces petites boules en y soufflant de l’air avec une tige creuse, puis en les cuisant au four il obtient de belles boules transparentes.

Il agit de même avec des baies de myrtille, de sureau, d’airelle, de cassis, de sorbier, d’églantier… Que de belles boules colorées il obtient !

 

Aidé par les lutins d’abord intrigués puis passionnés par le processus, Nowel voit toute une industrie se mettre en place.

Les nains activent leur forge, les troglodytes grattent les pigments minéraux de l’orichalque qui cristallise sur les murs des grottes.

Les gnomes pressent les bleuets et les violettes pour en extraire les couleurs du ciel et du crépuscule. Toute la nature déploie et offre ses trésors pour orner les boules de Nowel.

Les sirènes terrestres peignent les boules de fils de lumière lunaire. Les centaures ailés se groupent en escadrilles pour fixer toutes ces boules aux arbres…

La forêt est vraiment féerique. Les sapins croulent sous les boules. Une véritable houle de lumière scintille par vagues sur les frondaisons. La foule se réunit et danse sur un fonds de soul music. Le vin gouleyant s’échappe des goulots et emplit les gosiers à grandes goulées. Tout le monde est un peu saoul.

 

Pakeret, resplendissante, lumineuse, s’avance au milieu de tant de merveilles. Sa petite frimousse fait craquer tous les cœurs.

Nowel, tremblant d’émotions, va au devant de Pakeret et s’agenouille devant elle, prêt à lui chanter sa folle déclaration d’amour.

 

- « ô douce et lumineuse Pakeret, tu emplis mon cœur d’un bonheur immense… » commence à fredonner notre elfe énamouré.

- « Tiens Nowel, qu’est que tu berzingues par là ? réplique la belle. Ça roule pour toi ? Au lieu de te salir les cagneux et de proférer des âneries, relève-toi et aide-moi à porter mon sac de linge sale à la wasserette du coin. Faut qu’je sois rentré à l’heure pour laver les gosses».

 

On a rarement vu pire pour refroidir les ardeurs.

 

Le fou

 

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Commentaires : 3
  • #1

    Lecht Heurt (samedi, 20 décembre 2008 00:14)

    Pakeret ayant rendu Nowel maboule, Nowel se retira au plus profond de la forêt d'Anlier. Il s'assit sur une belle grosse bûche, qu'il tailla pour la rendre plus confortable. Un ruisseau de larmes s'écoulait de ses lacrymales et creusait un sillon dans l'humus moussu. Comment la féerique Pakeret pouvait-elle manquer de la délicatesse qui sied tant à une svelte princesse? La forêt entière, témoin du drame, se posait la même question, tous feux éteints. Une enquête s'imposait. Un hibou en fut chargé. Il s'envola vers la chaumière de Pakeret pour voir de quoi il en retournait. La pleine lune était favorable à l'espionnage. Trois jours et trois nuits le hibou épia sans cligner. Puis il revint faire rapport à la haute assemblée de la sylve.

    "Sylvifique Assemblée, je viens vous conter le mystère que mes yeux ont percé sans relâche tout au long de trois passages des deux Orbes. Bien des ombres furtives ai-je vu évoluer autour de la chaumière dans la pénombre de la petite Orbe. Bien des mouvements abrupts mon regard a captés dans la lumière de la grande Orbe. Burp. Bien des souris ai-je capturées et déchiquetées avec mon bec puissamment crochu. Mais parmi ces ombres et mouvements il en fut qui n'étaient pas de rongeurs mais de rôdeurs. Parmi ces rôdeurs, l'un était revêtu d'une cagoule sombre dont ne ressortait que le bout d'un nez un peu moins crochu que mon bec; de ses narines s'écoulaient toutes les cinq secondes une goutte de morvelle. Un autre était un elfe déguisé en gnôme. Et un troisième était un gnôme déguisé en elfe. Ils étaient tous les trois trop grands ou trop petits pour être des gosses. Des gosses à aucun moment ne vis-je ni n'ouïs-je.

    "Qu'ouïs-je? De nombreux pleurs s'échappant de la fenêtre de la chambre de Pakeret. Quantités de claquements de portes et de clefs tournant dans une serrure grinçante. Des cris aigus remplis de colère. Des paroles basses et des chuintements inquiétants. Des grognements insistants et des ricanements étouffés. Jamais de bons rires. Des entrechoquements de chaudrons de cuivre et des bouillonnements liquides. Des pas lourds et réguliers, des déplacements sur la pointe des pieds, et des courses brèves et précipitées. Des tons tour à tour plaintifs, menaçants, suppliants, emportés, incantatoires.

    "Que vis-je? Des transports de végétaux vers la cuisine, de seaux d'eau entre puits et chaumière, des faisceaux mouvants de bougies, des échanges d'objets entre faux gnôme et faux elfe dans les buissons derrière la chaumière, des étincelles comme en produisent les baguettes magiques, des allées et venues suspectes du nez cagoulé, de la fumée brunâtre s'échappant de la cheminée, et un vieux grimoire emballé dans un épais papier de cire reposant dans un creux de corniche hors de la vue de tous les protagonistes précités."

    "Hibou, est-ce là tout votre rapport?"
    "Oui, c'est là tout ce que j'ai vu et entendu."
    "Qu'en déduisez-vous?"
    "Que tout ne tourne pas rond dans le jardin de Pakeret."
    "Merci, Hibou."
    "Burp."

    [La suite à quiconque veut bien poursuivre.]

  • #2

    Jean-Christophe (samedi, 20 décembre 2008 12:27)

    Nowell eut ce soir là un peu de mal à gérer son enthousiasme décu. Face à son peu de succès avec la méthode "féérique", il passa un instant à la station Elf (.. évidemment), prit un peu de lecture au rayon "librairie spécialisée", où il put trouver quelques jouets en plastiques qu'il ne connaissant pas et qui pourraient peut-être lui faire plaisir. Il passa sa commande pour pouvoir déposer soigneusement les jouets sous le sapin. Il n'yeut plus jamais de nouvelles de Pakerett, et mourût tristement sans savoir si elle n'était pas contente de son cadeau, ou si elle ne trouvait simplement pas les mots juste pour le remercier.
    JC

  • #3

    Salim (dimanche, 21 décembre 2008 09:20)

    hahahahahahahahaha
    on pourrait appeler ça "le cadeau de Nowel" :) :) :) :)