De la syncopie ferroviaire

Chers amis lecteurs,
 

Il vous est peut-être déjà arrivé de vivre un malaise et de tomber évanoui. Les jambes tremblent, des nausées montent à la tête, un voile noir tombe devant les yeux, la quête d'une basse altitude se fait insistante...

 

Cette mésaventure est arrivée récemment dans un train de navetteurs matinaux. Quel bonheur de pouvoir ainsi, sans risquer d'amende, augmenter encore le retard habituel des voyageurs d’un bon quart d’heure, le temps pour l’ambulance d'arriver à la gare.

 

Quelle expérience grisante que d'entendre enfin les pins pons de l’ambulance de l’intérieur du véhicule !

Quelle expérience émouvante d'être le héros momentané d'une scène d'Urgences...


Cette aventure m'inspire étonnamment et m’amène à vous parler de la syncope, et plus particulièrement de la syncope de masse !

 

Imaginez, chers lecteurs tant appréciés, que le phénomène soit un beau jour répercuté sur l’ensemble des voyageurs, au même moment, dans le même train.

 

Les réactions seront variées, dépendamment du caractère et de la retenue des victimes.

°        Les uns,  tomberont d’une seule masse, sans rien dire, et l’on n’entendra que le bruit de la chute : « badaboum » (pour les gens debouts) ou de la glissade du siège sur le plancher du wagon : « vrouf-bouf »

°        D’autres pousseront un petit cri plaintif avant de faire de même :
« oooohhhhh-badaboum » ou
« oooohhhhhh-vrouf-bouf »

°        D’autres encore, plus expressifs, crieront plus fort : « Me sens pas bien, au secours, aidez-moi, AAAAAHHHHHH-badaboum / vrouf-bouf »

°        Ce phénomène s’accompagnera pour beaucoup d’une réaction physiologique violente de régurgitation du petit-déjeuner pris à la hâte :
« reuuhhhbrrreeuuuuaarrrkkkkksplashsplashbêrk »

°        Puis viendra la meute d’ambulances appelées à la rescousse : « wouw wouw wouw pin pon  pin  pon wouw wouw wouw pin pon  pin  pon wouw wouw wouw pin pon  pin pon ».

 

C’est génial !

Nous obtenons un ballet symphonique de syncopes en la mineur, que je baptise la grande syncopie ferroviaire du 21ème siècle !

 

« Badaboum, badaboum, badaboum, oooohhhhh - badaboum !

vrouf-bouf, vrouf-bouf, oooohhhhhh-vrouf-bouf !

reuuhhhbrrreeuuuuaarrrkkkkksplashsplashbêrk

Me sens pas bien, au secours, aidez-moi, AAAAAHHHHHH - badaboum ! Me sens pas bien, au secours, aidez-moi, AAAAAHHHHHH - vrouf-bouf !

reuuhhhbrrreeuuuuaarrrkkkkksplashsplashbêrk

Me sens pas bien, au secours, aidez-moi, AAAAAHHHHHH - badaboum ! Me sens pas bien, au secours, aidez-moi, AAAAAHHHHHH - vrouf-bouf !

Reuuhhhbrrreeuuuuaarrrkkkkksplashsplashbêrk

wouw wouw wouw pin pon  pin  pon wouw wouw wouw pin pon  pin  pon wouw wouw wouw pin pon  pin pon

Badaboum, badaboum, badaboum, oooohhhhh - badaboum !

reuuhhhbrrreeuuuuaarrrkkkkksplashsplashbêrk

vrouf-bouf, vrouf-bouf, oooohhhhhh-vrouf-bouf !

wouw wouw wouw pin pon  pin  pon wouw wouw wouw pin pon  pin  pon wouw wouw wouw pin pon  pin pon »

 

Comme rythme de fond, on surimposera le « tchouc tchouc doum doum » du train.

 

Voilà donc pour cette petite nouvelle. Ne tombez pas en pâmoison ni dans les pommes pour si peu. La moisson des pommes n'est pas encore pour maintenant !

 

Marc

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Commentaires : 2
  • #1

    Lecht Heurt (mercredi, 04 février 2009 04:37)

    A nouveau, fournissons l'autre côté de l'histoire, vue du poinçonneur Jef.

    "Qu'entends-je? 'Badaboum!' et 'vrouf-bouf' partout dans le train? C'est extraordinaire! M'sieur, vot' ticket siouplaît!" "Badaboum!" "M'zelle, ticket si-" "Vrouf-bouf!" "Vite, que je saisisse mon portable, et appelle Jules, mon collègue à l'autre bout du train. 'Hé, Jules, comment ça s'passe de ton côté?'" "C'pas possible, Jef, j'pas encore pu poinçonner un seul ticket! Ils tombent tous par terre en se contorsionnant et dégueulant!" "Quelle chance, Jules, mon syndrôme du tunnel carpien va drôlement s'améliorer s'il ne faut plus poinçonner!" "T'as raison, Jef, quel coup de chance!" "Tu crois qu'on devrait téléphoner au cent, Jules?" "Pourquoi faire? Sont tous évanouis, c'est vraiment calme!" "C'est juste, Jules. Ecoute, rencontrons-nous au milieu du train et tapons une partie de carte." "Excellente idée!" "Me sens pas bien, au secours, aidez-moi!" "Tiens, en vlà un qu'est pas encore dans les pommes, là sur la plateforme. Il gît là, assis, tout costumé. Zut, bien ennuyeux. Voyons ce qu'on peut faire. Et alors, m'sieur, vous êtes pas bien?" "Nnnnoonn, j'sais pas c'qui m'arriiiive, mais ç'va pas du tout." "Alloms, m'sieur, étendez-vous là sur cette banquette et détendez-vous." "Aidez-moi, j'tiens pas sur mes jambes." "Voilà voilàà, j'lève vos jambes, voilààà. Et maintenant, ça va mieux?" "Vrouf bouf! Reuuhhhbrrreeuuuuaarrrkkkkksplashsplashbêrk!" "Pouah, qu'est-ce qu'il est dégoûtant Au moins, l'est maint'nant évanoui comme les autres. Allons trouver Jules. Ah, Jules te vlà. Coinçons-nous pépère dans le compartiment de première là." "Bonne planque, Jef, héhéhééé." "Oui, héhéhééé."

    A ce moment Marc revient à lui sur la banquette de la plateforme. "Où, où suiiis-je? Weeuuh, comme jem'sens pas biennn. Au secours, aidez-moi!" Silence. "Reuuhhhbrrreeuuuuaarrrkkkkksplashsplashbêrk! aaaah." Marc fébrile attrape son portable et fait le cent. "Allo, ici le cent, de quoi s'agit-il?" "Me sens pas bien, au secours, aidez-moi!" "Où êtes-vous?" "J'sais pas. Dans un train on dirait." "Quelqu'un peut-il vous aider?" "Nnnonn, tout l'monde est évanoui." "Comment vous sentez-vous?" "Pas bien, j'vous l'ai dit. Et j'ai dégobillé sur ma cravate toute neuve." "Vous êtes en costume?" "On dirait." "Etes-vous quelqu'un d'important?" "J'suis Marc." "Marc? Le Marc?" "Oui." "Monsieur Marc, nous venons de tracer votre appel. Vous êtes dans un train en passe de s'arrêter à Waterloo. Nous envoyons une ambulance et avertissons le conducteur du train." "Envoyez plein d'ambulances. Tout le train est dans les pommes, et y a du vomi partout. Reuuhhhbrrreeuuuuaarrrkkkkksplashsplashbêrk!" "Tenez bon, monsieur Marc! Allo? Allo?" "Badaboum."

    "Hé, Jules, on arrive en gare à Waterloo. Qu'est-c' qu'on fait?" "Ben, c'est ici que je finis mon service, salut!" "Jules, me laisse pas tout seul!" "Débrouille-toi, Jef. Tiens, regarde, y a plein d'ambulanciers sur le quai. Comment qu'ils savent?"

    "Hep, contrôleur, où est Monsieur Marc?" "J'en sais rien, qui c'est ça?" "Comment, vous savez pas? LE Marc?" "Qui lui? Il est dans mon train?" "Oui, LUI! En costume avec une cravate neuve couverte de vomi." "Oh, çui-là? Là-bas, sur la banquette au début de la troisième voiture." "Vite, les gars, courez avec la civière!" "C'est ça, et moi j'me taille, foi de Jules. Que mon compère s'débrouille."

    "Hep, contrôleur, pourquoi z'avez pas appelé les secours? Et pourquoi cet as de pic dépasse de votre képi?" Jef est bien embêté. "C'est pas moi, c'est Jules." La police arrive. "Jef, racontez-nous ce qui s'est passé dans le train!" "Badaboum." "Hé, Jef, qu'est-ce qui t'arrive?" "Me sens pas bien, au secours, aidez-moi!"

    Wouw wouw wouw pin pon pin pon wouw wouw wouw pin pon pin pon wouw wouw wouw pin pon pin pon

  • #2

    Jeancri (jeudi, 05 février 2009 22:22)



    et maintenant... vu du point de vue de la centrale...

    Puuuuuuuuuuuuuuuuuuuuunnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnp !

    - "Zeg Jan, Jan, zeg, Jan, Jan, Jan... Zeg, Kijk... t'es vreemd...Jan...Jan... Kijk... Den machinist van den IC 2034 is in Linkebeek niet gestopt..."

    Bon, oui, la centrale, c'est en pays flamand.... Jan et Joep se disputent de temps en temps.

    - "T'es ni zo erg... he Joep... er is een bus van St Genesius Rhode tot Linkebeek voor degene die moeten thuis terugkomen,
    - "he, mo t'es niet normaal, he Jan... mô allei, kijk... In St-Genesius Rhode is hij ook niet gestopt...
    - maaaaaaaaa... zo hebben de collega's van de kachten dienst ook iets to doen, he Joep. Anders zijn wij de enige die moeten werken...
    - Ja, maar allei... hij zal bijna op den andere spoor rijden, and voor jouw... "t'es ni erg..."
    - Jan, OK, je wilt met mij aan de solitaire niet spelen, ... ok dat is jouw keuze... laat me aan mijn taak aandachtig zijn... t'es mijn best score...
    - ma allei, Joep, misschien kan je the machinist oproepen, nee ?
    - Ah, nee, Jan.... Dat is nog a fransquilloen die wilt vloems niet spreken... Ah, nee, Ik bel ni' op.

    - alleiii, wie is de machinist ?
    - Aaakh ! loat me kijken... t'es ni' José, Jozef is in verlof,...vandaag t'es... t'es niet waar... Hervé... deze kerel die z'n domestieke dieren in the locomotief heeft...
    - dieren ? ni mogelijk, Joep... toch ni in de trein ? ²
    - mo ja, Jan... je weet ni dat ?

    Ainsi, Jan et Joep se disputaient souvent... Jan parce qu'il voulait garder toute sa concentration pour son solitaire... Joep parce qu'il s'inquiétait du sort des voyageurs.

    Hervé est un machiniste expérimenté... mais que ses collègues n'aiment que de loin.

    De la centrale, parce qu'Hervé ne veut pas leur parler flamand...
    Sur le terrain, parce qu'aucun n'apprécie les animaux de compagnie de ce conducteur.

    Et Hervé est passé par toutes sortes de passions:
    Le canari... crise cardiaque suite aux vibrations du gros diesel
    Poisson rouge... bocal renversé suite à un coup de freins pour éviter un désespéré qui s'est jeté sur la voie... Deux jambes amputées. Le désespéré, pas le poisson rouge... il est mort seché, lui.
    Chat... enfoui en gare de Pont-à-Celles en novembre 2001...(pour mieux connaitre Pont à Celles, http://www.tontonmentor.com/brèves/la-fièvre-du-vendredi/)
    Chien bichon blanc... aplati quand il dormait par un commissaire européen au développement sur un fauteuil première classe en janvier 2002.
    Chien Border Collie... confisqué suite aux plaintes des voyageurs que le chien voulait désespérement rassembler sur la plateforme
    Chien dalmatien... Confisqué. S'endort aussi sur les fauteuils 1re classe, et ne perd que les poils blancs sur les fauteuils foncés
    Hervé a cherché plus original, et plus discret.

    Il tenta le furet, qui se cache facilement... du champs visuel, surtout ... mais a été rissolé en se perdant sur le radiateur du gros diesel.
    Il a enfin adopté le putois...qui se faufile si vite entre les voyageurs que nul ne l'a encore remarqué. Le chef de train semble s'être accommodé à sa présence. Peut être parce qu'il est très impressionné. Il est un peu soucieux le chef de train. Depuis quelques temps, des voyageurs tombent en syncope sans raison apparente dans le train... comme si les wagons manquaient un peu d'air.
    Le vétérinaire de Hervé, enfin des animaux de Hervé, a constaté que son animal favori souffrait de troubles digestifs.


    Jeancri